Vie de saloon au pays des cowboys

En épousant à bras le corps la renommée western de Saint-Tite et en permettant à habitants et visiteurs de plonger dans la vie de cowboy à l’année, la COOP de travail brassicole et microbrasserie À la Fût est parvenue à s’ancrer de bien belle manière dans sa communauté.

Le simple fait de savoir que c’est dans cette maison ancestrale datant de 1865 qu’Ovila Pronovost de la mythique série Les Filles de Caleb s’arrêtait pour boire un petit coup suffit à faire sourire. Les costumes de cowboys et de cowgirls des employés de cette microbrasserie dressée dans l’ancien magasin général de la ville aussi, nous donne la nette impression d’avoir fait un bon dans le temps pour se retrouver à l’époque du Far West.

« Pour nous, cela allait de soi de promouvoir le côté western toute l’année, explique Philippe Dumais, l’un des trois membres fondateurs de la microbrasserie. C’est bien beau d’avoir le Festival Western de Saint-Tite qui dure 10 jours, mais nous, on est là pour le perpétuer en tout temps. Au fil de mes voyages, j’ai eu la chance d’aller dans le sud-ouest des États-Unis où j’ai découvert les vraies origines des cowboys. Toute cette histoire et toute cette dynamique sont bien représentées chez nous, autant dans nos visuels de bières que dans nos plats. »

Pays des cowboys, St-Tite

Sculpture de Luc Laramée au coeur de Saint-Tite, photo Simon Jodoin

C’est le pub, dont les bancs du bar central sont des selles d’équitation, qui a permis à l’entreprise de s’implanter véritablement dans la dynamique du petit village de Saint-Tite. Un ancrage qui s’est fait en douceur, au fil de ces 13 années d’existence. Les BBQ organisés dès le premier été avec les producteurs du coin ont aussi contribué à créer de beaux liens et un sentiment d’appartenance au sein de la communauté.

« Comme la toune de Lisa Leblanc le dit bien, on aime tous ça jouer au cowboy à un moment ou à un autre », ajoute Philippe vêtu en… cowboy ! On l’a tous fait dans notre jeunesse. Les cowboys sont passionnants, car ils ont traversé le temps. »

Le concept d’À la Fût est venu d’un trio de cowboys composé de Philippe, Francis Foley et Pierre-Paul Carpentier étudiant ensemble en génie électrique. Tous étaient portés par le désir commun de revenir vivre dans un milieu rural. L’un d’entre eux étant originaire de Saint-Tite, les visites au fameux festival western et l’équation du nombre de visiteurs par le nombre de bières possiblement bues (l’événement attire désormais près de 700 000 visiteurs) les ont convaincus de démarrer une brasserie dans « ce pays de cowboys stratégiquement situé à mi-chemin entre Québec et Montréal ».

Vibrer au rythme des cowboys

Photo Simon Jodoin

L’idée de créer une coopérative a aussi surgi de façon instinctive. « Une coopérative est une entreprise à la dimension beaucoup plus humaine qui est vraiment intégrée dans son milieu, lance Philippe. Il faut faire autant de bénéfices qu’une vraie compagnie, mais ce sont les membres qui sont propriétaires de l’entreprise. Notre coop évolue proportionnellement à la qualité des gens qui y travaillent. Plus on a de bonnes personnes, plus notre entreprise rayonne. »

Ils sont désormais dix membres travailleurs de la coop à gérer une partie de l’entreprise et à contribuer à la faire évoluer.

À la Fût d’chêne

Village Western Kapibouska
Le village Kapibouska, photo Simon Jodoin

Il y a deux ans, le groupe s’est fait instigateur d’un projet faisant écho au célèbre festival. Il a créé le village western Kapibouska et l’a planté directement devant la microbrasserie. Les visiteurs peuvent s’y rendre les vendredis d’été et pendant tous les jours du festival. « Pour nous, le western, c’est plus que dix jours. Cela allait de soi d’avoir un village western qui représenterait cet esprit-là. »

Le village a rapidement évolué avec son marché public mettant de l’avant les producteurs du coin dans une ambiance – évidemment – western. Celui-ci vient compléter l’expérience proposée par les cowboys d’À la Fût et qui englobe les visites de la microbrasserie, les dégustations, les bonnes bouffes dans l’atmosphère western au resto-pub et même les nuits passées dans l’une des quatre chambres de l’Auberge Kapibouska à deux pas de là. Oh, et la possibilité de ramener de la bière à la maison !

Toutes aussi ancrées dans le territoire, les bières artisanales d’À la Fût portent des noms lui faisant de jolis clins d’œil comme la Mékinoise, une bière blanche faisant référence à la MRC Mékinac et à ses 12 000 habitants. Devenue experte en bières vieillies en fût de chêne, la microbrasserie s’est entre autres démarquée en raflant, en 2012, le titre de bière l’année au Canada avec un produit vieilli un an et demi.

Bières en fût - Saloon À la Fût
Photo Simon Jodoin

« Les gens ont apprivoisé nos bières, ajoute Philippe. À l’époque, il y a 13 ans, il ne se buvait pas beaucoup de bières de microbrasserie. En 2011, lors du développement de la restauration, ce fut un succès. On les a eus par le ventre ! »

C’est toutefois à travers ses associations avec différents producteurs locaux – l’orge biologique, par exemple, vient de la Mauricie – que le trio affirme démontrer son attachement réel au terroir. « Créer des liens et participer à l’économie locale, ça porte fruit et ça amène un ancrage durable », affirme Philippe, qui ne manque pas non plus de vanter les splendeurs de sa région d’adoption riche de plus de 2000 lacs, entre autres beautés naturelles.

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